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Agronomie2 min

Carences ou maladie ? Le test des nervures

Jaunissement internervaire, bord nécrosé, décoloration régulière : trois lectures simples pour éviter un traitement fongicide parfaitement inutile.

Par Équipe agronomie Nabatic

Une feuille jaunit. Le réflexe est souvent de traiter. Dans un cas sur trois, il n’y a rien à traiter : la plante a faim, pas de champignon.

La question à se poser en premier

Regardez les nervures. Elles répondent à elles seules à la moitié des cas.

Nervures restées vertes, limbe jauni entre elles. C’est une chlorose internervaire, signature d’une carence en fer, en magnésium ou en manganèse. Aucun champignon ne respecte un dessin aussi géométrique.

Nervures jaunies avec le reste, décoloration uniforme. C’est une carence en azote, ou un problème racinaire — asphyxie, excès d’eau, nématodes.

Nervures vertes mais limbe taché de façon irrégulière. Là, on est dans le domaine pathologique.

La deuxième question : quelles feuilles ?

Les éléments mobiles dans la plante — azote, magnésium, potassium — sont retirés des vieilles feuilles pour alimenter les jeunes. Une carence en azote commence donc par le bas.

Les éléments peu mobiles — fer, calcium, bore, soufre — restent où ils sont. Leur carence apparaît par le haut, sur les feuilles jeunes, qui n’ont jamais reçu leur part.

Une maladie, elle, ne suit pas cette logique : elle commence là où l’inoculum est arrivé, souvent le bas et l’extérieur, mais sans le gradient régulier d’une carence.

Les trois profils les plus fréquents

Fer. Feuilles jeunes, jaune franc entre des nervures restées bien vertes, réseau très net. Presque toujours un problème de disponibilité en sol calcaire, pas un manque de fer dans le sol.

Magnésium. Feuilles âgées, jaunissement internervaire qui démarre par les bords, parfois teinté de rouge sur tomate et vigne.

Potassium. Feuilles âgées, bord du limbe qui brunit et se dessèche en formant un liseré net, tandis que le centre reste vert.

Le doute légitime

Deux situations réclament un avis : une carence installée depuis longtemps finit par nécroser, et ressemble alors à une maladie ; et une plante affaiblie par une carence est effectivement plus sensible aux pathogènes — les deux peuvent coexister.

Dans ces cas, une photo de la feuille entière avec la tige, prise à la lumière du matin, permet à un agronome de trancher. Le gradient haut-bas, invisible sur un gros plan, est souvent l’élément décisif.

Ce que coûte l’erreur

Traiter une carence au fongicide, c’est le prix du produit, le temps d’application, un délai avant récolte imposé pour rien — et surtout deux semaines perdues pendant lesquelles la vraie cause continue de creuser le rendement.

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