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Trois jours avec les maraîchers de la Mitidja

Ce qu'un carnet de notes révèle sur l'usage réel d'une application agricole : le réseau, la lumière, les gants, et le moment où l'on sort son téléphone.

Par Équipe produit Nabatic

Nous avons passé trois jours dans des exploitations maraîchères de la Mitidja, à regarder des gens utiliser FITO sans les aider. Voici ce que nous en avons rapporté.

Le téléphone sort à deux moments, pas trois

Nous imaginions un usage réparti dans la journée. En réalité, l’application s’ouvre tôt le matin, pendant le tour de parcelle avant la chaleur, et le soir, sous le hangar, pour lire les réponses.

Entre les deux, le téléphone reste dans la poche. Toute notification envoyée à 13 h est lue à 19 h — autant l’envoyer à 19 h.

La photo se prend avec des gants

Personne ne retire ses gants pour photographier une feuille. Cela change tout pour l’interface : les cibles tactiles de moins de quarante-quatre pixels sont manquées une fois sur trois, et un geste de pincement pour zoomer est presque impossible.

Nous avons agrandi le déclencheur et remplacé le zoom par un cadre de visée fixe. Le taux de photos exploitables du premier coup est passé de 61 à 88 %.

Le réseau n’est pas absent, il est intermittent

Nous avions conçu un mode hors ligne binaire : avec réseau, ou sans. La réalité est un signal qui vacille — deux barres sous le hangar, rien au fond de la serre, correct près de la route.

Une photo qui échoue à s’envoyer et affiche une erreur est perçue comme une perte de travail. Nous avons changé le modèle : le diagnostic se compose hors ligne, se met en file, et part tout seul au retour du signal. L’agriculteur n’a plus rien à surveiller.

La lumière de midi est un piège

Les photos prises entre 12 h et 15 h sont surexposées et écrasent le contraste : une tache huileuse devient invisible. Nous affichons désormais un rappel discret quand la luminosité mesurée dépasse un seuil, avec une consigne simple — se mettre à l’ombre de son propre corps.

Ce que nous avons cessé de croire

Que l’agriculteur veut des graphiques. Il veut un nom, une dose et une date.

Que le multilingue est un réglage. Dans la même exploitation, le père lit l’arabe, le fils lit le français, l’ouvrier ni l’un ni l’autre. La langue se change en cours de session, pas une fois à l’installation.

Que l’historique n’intéresse personne. C’est l’écran le plus consulté après le diagnostic : « qu’est-ce qu’on avait mis l’an dernier sur cette parcelle ? »

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L’application FITO ouverte sur un téléphone, planté entre un blé malade et un épi sain.